9. Juni 2012
CHARLOTTE MOTH: «CE QUI EST FRAGILE EST TOUJOURS NOUVEAU»
Exposition Centre d'Art Contemporain, Genève, jusqu'au 12 août 2012

Photo: © Charlotte Moth
Pour la première exposition personnelle de large envergure
de CHARLOTTE MOTH, artiste britannique basée à Paris, le Centre propose un
parcours de son oeuvre récente et deux nouvelles productions.
Le titre de l’exposition, emprunté à un texte écrit par Roland Barthes à un
moment particulier de sa vie – et peu avant sa mort précipitée -, laisse
entrevoir une série de déceptions consommées, de quêtes inavouées. Alors qu’il
aspire à «la préparation du roman» (c’est le titre de son cours)
Barthes se détourne progressivement de la littérature et envisage la poésie, et
plus particulièrement le haïku, comme une alternative possible: beauté de la
fanaison imminente, «présence au bord de l’absence» (Antoine
Compagnon); un regard qui évoque également la façon dont Barthes a appréhendé
la photographie. Entre subjectivité et vérité de l’instant, le haïku et la
photographie produisent tous deux une impression – et non une certitude – que
«ça a été»; un effet de réel. Là où la photographie cependant est
contrainte par sa nature même à l’exhaustivité de l’information, le haïku
repose sur une forme épurée, elliptique, qui laisse transparaître l’essence du
propos; c’est la forme, le geste, qui seuls permettent de toucher la vérité.
Dans l’interstice de ces deux pratiques se dégage du travail de CHARLOTTE MOTH
(*1978) une grâce pudique, une curiosité bienveillante envers des objets et des
lieux hors du temps, obsolètes, apparemment perdus. Prémisse de ses travaux, le
«travelogue», initié en 1999 et représentant dans un premier temps
principalement des villes côtières anglaises, s’est développé au gré des
voyages et déplacements de l’artiste en une large collection de photographies
argentiques entretenant un rapport étroit à l’architecture, l’espace et la
lumière. Tandis qu’un large nombre de ces clichés restent invisibles – comme
inachevés – certaines images sont au contraire mises en oeuvre dans des
installations et expositions, travaux plastiques ou filmiques, souvent réalisés
en collaboration avec des artistes, théoriciens ou critiques, qui tour à tour
se les approprient et les commentent, les interprètent ou les fictionnalisent.
Ainsi se créent des processus d’échanges, des collages, des proximités humbles
et affectueuses, qui constamment sollicitent «des allées et venues entre
images et expériences»(MOTH).
Pour l’exposition au Centre, CHARLOTTE MOTH invite Peter Fillingham et Falke Pisano;
deux artistes ayant collaboré avec elle à de nombreuses occasions, et dont les
pratiques, quoique distinctes, rencontrent le travail de MOTH.
Commissaire: Emilie Bujès
cac
Contact:
Centre d’Art Contemporain – Genève
10, rue des Vieux-Grenadiers
CH-1205 Genève
T:+41 22 329 18 42
F:+41 22 329 18 86
Kommentare von Daniel Leutenegger