16. Februar 2023
«LERMITE»
Exposition Musée des Beaux-Arts Le Locle, jusqu’au 26 février 2023

Image: Lermite (Jean-Pierre Schmid), Citerne jurassienne, 1962, lithographie sur papier marouflé, 20 x 60 cm. Collection SBAL © Noé Cotter
Le paysage de l’eau, source d’inspiration pour les artistes depuis de nombreuses décennies, a également suscité l’intérêt du peintre neuchâtelois Lermite (1920-1977), dont le MBAL abrite la fondation.
La vue plongeante sur le Doubs et la représentation d’une citerne jurassienne témoignent de l’attachement de l’artiste à sa région natale, tout en illustrant deux approches différentes du sujet. Peinture à l’huile réalisée en 1949, Le Doubs en hiver offre au spectateur un paysage à contempler, une confrontation entre la petitesse de l’être humain et la grandeur de la nature. Guidant le regard vers le creux de Morteau, la rivière en est bien le sujet central, tant par l’occupation de l’espace que par la gamme de tons froids dominée par le bleu. Mais au-delà de la rivière, c’est la configuration inquiétante et reconstruite de la Vallée du Doubs qui est peinte par Lermite dans un traitement figuratif, représentatif du style de l’artiste jusqu’au début des années 1950.
La Citerne jurassienne représente quant à elle une construction typique du paysage jurassien qui s’inscrit dans une zone karstique où les terrains, composés de roche calcaire, retiennent difficilement l’eau. L’installation de citernes dans la plupart des fermes de la région était donc nécessaire pour récupérer et stocker l’eau de pluie. Adoptant un point de vue rapproché, Lermite décompose le sujet en surfaces géométriques de couleurs chaudes sans toutefois basculer dans l’abstraction, préservant ainsi ce subtil équilibre propre aux travaux de l’artiste dès 1950. Ainsi, en écho à la beauté d’un paysage fluvial, Lermite illustre ici l’eau comme ressource au service de l’être humain.
Enfant du Locle, Jean-Pierre Schmid passe la plus grande partie de sa vie dans le Jura qui l’inspire profondément. Après une formation artistique à l’École d’arts appliqués de Bienne et sa mobilisation à Saignelégier, l’artiste emménage à la Brévine en 1946. Cette installation marque le réel début de sa carrière avec l’adoption du pseudonyme Lermite, avant de s’établir aux Bayards définitivement dès 1954. Son œuvre prend un nouvel élan dans les années 1950, lorsque les contours de ses travaux se géométrisent progressivement durant les deux décennies suivantes.
cp
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Kommentare von Daniel Leutenegger