9. Juni 2012
Sonja Bauters, Marc Elsener, Philippe Fretz, Stéphane Zaech: «La Réalité Réenchantée»
Exposition LAC Vevey, jusqu'au 08 juillet 2012

Réunis sous le titre «la réalité réenchantée», les quatre artistes se
placent en héritiers d’une longue lignée de conteurs et
d’«enchanteurs». Sous leur regard, le monde retrouve de vives
couleurs, les forêts se peuplent de fées ou d’anges, les barbus descendent de
leurs socles, le sirènes réintègrent nos rivières et les princesses croisent la
route des sorcières. Il ne faudrait pourtant pas les prendre pour des naïfs;
tout n’est pas rose dans cette réalité réenchantée…
Sonja Bauters (*1938) a étudié à l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers avec le
peintre Gustaaf de Bruyne. Elle vit aujourd’hui en Gruyères où malgré une
hémiplégie, elle n’a cessé de peindre et de dessiner. Sonja Bauters développe
rapidement un monde personnel, qui se rattache au courant surréaliste belge.
Elle puise dans les mythes et les légendes pour construire un monde de
fantaisie, chargé de symboles. Sa technique elle-même se rattache à un monde
disparu: ses panneaux de bois sont recouverts d’une préparation à la caséïne;
ses fonds sont enrichis de feuilles d’or et d’argent. En dessinant, elle a
développé une technique personnelle: un lavis de pastel à l’essence de
térébenthine sur du papier d’aquarelle collé sur panneau.
Le travail de Marc Elsener (*1971) de Zürich rappelle celui des peintres
rustiques appenzellois de la fin 19e relevé toutefois d’une excentricité
contemporaine marquée. Des skieurs barbus, des écureuils mutants, des vaches
sacrées alpines, se retrouvent dans des mises en scènes mi-naïves,
mi-oniriques. En miniatures sur bois ou impressions jet d’encre, Marc Elsener
montre un monde instable et plein de faux-semblant et réalise un étonnant
exercice d’équilibrisme.
Depuis toujours (drôle d’expression pour un artiste de 27 ans!), Philippe Fretz
(*1985) nourrit une passion fervente pour l’art du passé. Ses études a l’Ecole
d’arts visuels de Genève n’y ont rien changé, et sa rencontre avec Balthus qui,
lui aussi, a choisi dès ses 20 ans de tourner le dos à la modernité de son
temps, l’a encouragé dans cette voie singulière qui conjugue son amour pour les
primitifs siennois avec celui qui l’attache à Cranach et aux maîtres nordiques.
Les emprunts qu’il leur fait sont parfois quasi littéraux mais hybridés avec
humour et sensibilité dans de très étranges collages de citations, d’influences
et de symboles travaillés de manière faussement naïve et faussement
traditionnelle.
Puisant sans vergogne dans les registres de l’histoire de l’art tout en s’octroyant la liberté de déformer, caricaturer ou de subvertir ses modèles, les peintures de Stéphane Zaech (*66) surprennent, interpellent et ouvrent des portes dont les clés ne sont pas toujours données. En combinant au sein d’une même toile, la puissance de la peinture classique avec l’étrange, la caricature ou la déformation, Stéphane Zaech crée son propre langage et parvient à imposer des visions contradictoires à un spectateur habitué à un certain idéal de beauté, ce qui inévitablement interpelle. Stéphane Zaech vit à Montreux et travaille à Villeneuve.
Visites guidées sur demande:
lac@lacvevey.ch
lac
Contact:
LAC – Vevey
Local d’Art Contemporain
Ruelle des Anciens Fossés 8
CH-1800 Vevey
T: +41 21 922 60 68
lac@lacvevey.ch
http://www.lacvevey.ch
Kommentare von Daniel Leutenegger