20. Juni 2025
«JARDIN D’HIVER #3. DECORAMA»
Exposition Musée cantonal des Beaux-Arts, Plateforme 10, Lausanne, jusqu’au 7 septembre 2025

Image: Pauline Boudry & Renate Lorenz, Curtain Piece (disobedient), 2025, Installation en faux cuir, env. 400 × 1200 cm © Pauline Boudry & Renate Lorenz – Photo: MCBA / Karim Kal
Le Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne (MCBA) accueille la troisième édition de «Jardin d’Hiver», exposition consacrée à la scène artistique contemporaine de la région. Placée sous le commissariat d’Elise Lammer, «DECORAMA» rassemble une dizaine de plasticien·ne·x·s utilisant l’ornement et la décoration pour questionner les notions de goût, de classe et de genre, l’exposition s’inscrit dans une longue tradition vaudoise liée au développement des arts décoratifs et appliqués.
Aujourd’hui, il est établi que l’ornement est un marqueur essentiel de l’humanité. Pourtant, sa valeur et sa légitimité ont toujours fait l’objet de débats. Déjà dans l’Antiquité, Platon et Aristote l’ont tour à tour critiqué puis réhabilité. Longtemps perçu tantôt comme un simple artifice inutile, tantôt comme un symbole du divin et un vecteur de savoir, l’ornement est étroitement lié aux notions de fonction et de beauté. Pendant des siècles, il a rempli un rôle moral: artisan·ne·x·s, artiste·x·s et citoyen·ne·x·s s’adaptaient aux styles décoratifs imposés, reflet des hiérarchies sociales et religieuses en place.
À partir du XXe siècle, avec l’émergence du modernisme, l’ornement – souvent assimilé au simple décoratif – est discrédité, voire tourné en dérision, par les courants fonctionnalistes et les discours élitistes. Des figures majeures comme les architectes Le Corbusier et Adolf Loos, ou encore les peintres Vassily Kandinsky et Piet Mondrian, participent à cette remise en question. Dans le même temps, l’industrialisation et la mécanisation, en facilitant la reproduction à l’infini des motifs, contribuent à reléguer l’artisanat au rang des «arts mineurs».
Très tôt, l’ornement a soulevé des questions liées à l’identité de genre et à l’orientation sexuelle. Associé à la parure et au féminin, il a souvent été perçu comme une frivolité excessive, déplacée, voire monstrueuse. Cependant, depuis le postmodernisme, l’ornement a retrouvé une place légitime dans le champ de l’art dit «majeur». En réalité, il n’a jamais totalement disparu: il est resté présent, souvent de manière implicite, en tant que stratégie formelle, conceptuelle et politique.
L’exposition «DECORAMA» rassemble des plasticien·ne·x·s dont la pratique utilise l’ornement et la décoration comme outils visant à questionner les notions de goût, de classe et de genre. S’il semble spéculatif de rassembler des pratiques aussi diverses sous une géographie commune, l’exposition s’inscrit pourtant dans une longue tradition vaudoise liée au développement et à la mise en valeur des arts décoratifs et appliqués.
Cette exposition rend hommage à Marc Camille Chaimowicz (1947, Paris – 2024, Londres) qui a quitté ce monde il y a une année, et dont l’œuvre et la pensée sont à l’origine de «DECORAMA».
Commissaire de l’exposition: Elise Lamme
cp
Contact:
https://www.mcba.ch/expositions/jardin-hiver-decorama/

Image: Vue d’exposition «Jardin d’Hiver #3. DECORAMA», Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne, 2025 – Photo: MCBA / Etienne Malapert
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Kommentare von Daniel Leutenegger