28. Dezember 2014
«Jean Marie Borgeaud – La terre au corps»
Exposition Musée Ariana, Genève, jusqu'au 26 avril 2015

Tourné vers l’empreinte du vivant, le peintre et sculpteur Jean Marie Borgeaud (Genève, 1954) s’emploie à apprivoiser la terre – l’essentielle argilla. Couple enlacé, taureau, crâne ou fœtus, exhaussés par des touches d’émail ou marqués par leur passage au feu, nous renvoient à notre humanité, dans une constante tension entre puissance et fracture.
Jean Marie
Borgeaud empoigne la céramique en parfait autodidacte. Peintre formé à l’Ecole
des Beaux-Arts, il cherche bientôt à transcrire la matérialité et l’émotion du
vivant en modelant dans l’argile de fragiles et imposantes figures grandeur
nature. Le feu du four, construit autour de la sculpture, s’emploie à révéler
l’argile, laissant au passage taches de fumée, cicatrices et autres fractures
de vie.
Dans une quête constante de l’humain, avec sa philosophie, ses émotions, son
souffle, le sculpteur dissèque sans concession la chair et l’os, les organes et
le squelette, les torses et les têtes, les hommes et les bêtes, les livrant à
notre regard comme un miroir de nos entrailles. Ses estomacs de mouton colorés,
ses crânes nappés d’une onctueuse couverte céladon ou ses têtes jumelées
séduisent par leur esthétique fondamentale, qui ne va pas sans réveiller nos
angoisses existentielles.
Qu’il travaille la terre enfumée, le grès, la porcelaine ou la pâte de verre colorée, Borgeaud s’engage dans un corps à corps exigeant avec la matière, la poussant à transcender ses limites.
mag
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Kommentare von Daniel Leutenegger