Exposition Musée de Carouge, jusqu’au 9 août 2026

Image: © Éric Alibert
Le public est invité à plonger dans l’univers sensible et méditatif d’Éric Alibert. L’artiste dévoile au Musée de Carouge une série d’œuvres inédites réalisées à l’encre de Chine et à l’aquarelle, véritables calligraphies du vivant, inspirées par la nature secrète et foisonnante des rives de l’Arve.
Rivière carougeoise incontournable, l’Arve traverse l’histoire de la ville et accompagne son développement. Le Musée de Carouge propose de découvrir «Les écritures de la rivière», une exposition consacrée au peintre franco-suisse Éric Alibert. Après s’être aventuré dans les Alpes, le massif du Mont-Blanc ou encore le Parc national suisse, c’est à l’Arve qu’il consacre cette fois son regard et ses pinceaux.
Promeneur du quotidien sur les berges de l’Arve, installé non loin de là, Éric Alibert observe avec humilité et patience le monde sauvage: le cincle plongeur, le milan noir de retour d’Afrique, le renard ou le héron silencieux. Ces présences nourrissent son imaginaire et sa réflexion sur la place de l’humain au cœur du vivant. «Nous sommes la nature!», rappelle l’artiste, dont chaque trait explore les correspondances entre le visible et l’invisible, entre la fragilité du vivant et la permanence du souffle vital. Ses œuvres, exécutées à l’encre de Chine et à l’aquarelle sur des papiers japon, traduisent le dialogue intime entre intérieur et extérieur, entre apparition et effacement.
Cette approche poétique prolonge un parcours artistique riche de voyages et d’expériences à travers les grandes régions naturelles du monde — des Alpes à la Sibérie, du Japon au Venezuela. Peu à peu, Alibert s’est éloigné de l’illustration naturaliste pour proposer une écriture picturale du vivant, où chaque trait devient mot, chaque tache d’encre devient souffle.
Une exposition entre nature et philosophie
L’accrochage suit un parcours en cinq temps et autant de salles, chacune invitant à une méditation sur la relation entre humain et nature. La première salle introduit la rivière et le travail de l’artiste, entre observation et interprétation. Inspirée d’Henri Michaux et Novalis, la deuxième salle évoque l’alphabet du vivant et les langages non humains. La visite se poursuit en salle 3 avec une exploration de la frontière entre le visible et le dissimulé, guidée par la citation d’Héraclite: «La nature aime à se cacher.»
En salle 4 c’est l’impermanence du monde à travers la gestuelle du pinceau qui est abordée, tandis que la dernière et cinquième salle clôt le parcours sur la nuit et la disparition, dans une vision empreinte de poésie et de conscience écologique.
Les textes de Farid Abdelouahab, historien d’art, et du photographe Vincent Munier accompagnent cette immersion sensible: «Pour Éric Alibert, la nature n’est pas un paradis perdu, mais elle est issue de forces contradictoires dont nous ignorons les enjeux, et nous sommes une part de cette harmonie sauvage, révélant notre interdépendance. Son témoignage artistique est une façon d’affirmer la nécessité d’un destin commun», écrit Abdelouahab. Munier, quant à lui, salue «la passion et l’immense sensibilité» d’un peintre capable de révéler l’instant du vivant.
En écho, une exposition complémentaire intitulée «Les Écritures de la rivière. Carouge et l’Arve» se tiend aux Bains des Pâquis, jusqu’au 11 août 2026
«Les Écritures de la rivière. Carouge et l’Arve» se décline en une vingtaine de panneaux présentant plusieurs thématiques, telles que les professions liées à la rivière, ses infrastructures ou encore sa faune et sa flore. La question de la nature, très présente, permet de créer un lien entre les deux expositions, notamment à travers d’autres peintures d’Éric Alibert. Cette approche plus historique de l’Arve est également l’occasion de présenter au public plusieurs œuvres de la collection du Musée.
mdc
Contact:
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Kommentare von Daniel Leutenegger