6. November 2025
«LES MONSTRUEUSES – CARTE BLANCHE À KÉVIN GERMANIER»
Exposition mudac (Musée cantonal de design et d’arts appliqués contemporains), Plateforme 10, Lausanne, du 7 novembre 2025 jusqu’au 22 mars 2026

Images: Vues d’exposition «Les Monstrueuses – Carte blanche à Kévin Germanier» © mudac 2025 / 2026 – Photos: Guillaume Python

En grande première, le mudac offre une carte blanche au designer suisse Kévin Germanier. Figure incontournable de la mode, il allie innovation et durabilité dans des créations qui ont su séduire au-delà des frontières helvétiques. Premier couturier suisse contemporain à présenter sa marque en Haute Couture en 2025, il incarne un renouveau nourri par les enjeux environnementaux. Avec un langage singulier et une attention rigoureuse aux matières et savoir-faire, Germanier contribue à faire rayonner la création suisse.

Image: Vue d’exposition «Les Monstrueuses – Carte blanche à Kévin Germanier» © mudac 2025 / 2026 – Photo: Guillaume Python
Sur 300 m² au cœur du mudac, l’exposition déploie des univers immersifs aux atmosphères uniques. Sont présentées de nombreuses tenues – certaines portées par des figures iconiques de la scène artistique -, des objets issus de collaborations, ainsi que des créations inédites. Elle révèle l’identité Germanier: diversité, constance et vision positive, portée par une pratique circulaire novatrice qui réinvente les codes de la mode.
Formé au célèbre Central Saint Martins College of Art and Design de Londres, Kévin Germanier fait partie d’une nouvelle génération de créateurs et créatrices qui bousculent les codes. Porté par des collaborations avec des icônes de la pop culture telles que Lady Gaga ou Beyoncé, il affirme une esthétique singulière, mêlant éclats de couleurs, volumes futuristes et matières recyclées. À partir de perles oubliées, de tissus délaissés et autres matières revalorisées, Germanier fait rimer élégance et durabilité, envisageant ainsi un futur radieux.

Image: Germanier, Prêt à porter, FW24-25, Les Épineuses, 2024 © Courtesy of Kévin Germanier
Originaire du Valais, Kévin Germanier puise son inspiration dans son héritage régional, notamment dans des pratiques telles que le tricot. En collaborant étroitement avec des tricoteuses locales, il valorise un savoir-fair traditionnel, qu’il intègre harmonieusement dans ses collections. Ce dialogue créatif avec des femmes artisanes, sous la supervision de sa mère, ancre ses créations dans un héritage culturel tout en leur insufflant une touche de modernité. Ce mélange de traditions et d’innovations illustre l’importance de concilier respect du passé et réinvention des pratiques pour répondre aux enjeux du futur.
Il ne s’agit pas de proposer aux visiteur·euse·s une rétrospective du créateur, tout juste trentenaire, mais un aperçu actuel des préoccupations qui parcourent son travail. En transformant des matériaux de récupération, tels que des tissus inutilisés et des perles abandonnées, il démontre que durabilité et élégance peuvent coexister. Alors que l’industrie de la mode est souvent critiquée pour son impact écologique, Germanier prouve qu’il existe d’autres systèmes de production, où la valorisation des objets usagés devient un moyen de réinventer notre rapport à la consommation.

Immage: Germanier x Nguyen Tien Truyen, Haute Couture, FW25-26, Les Joueuses, 2025 © Courtesy of Kévin Germanier
Au-delà de ses créations, Kévin Germanier joue également un rôle d’ambassadeur culturel pour la Suisse, contribuant à mettre en lumière l’innovation de son pays dans le domain de la mode.
Cette exposition est une occasion de souligner la place croissante de la Suisse sur la scène créative internationale et d’encourager une nouvelle génération de designers à adopter des démarches innovantes et responsables.
Cette expérience immersive permet aux visiteur·euse·s de découvrir des pièces iconiques de Germanier et la manière avec laquelle la maison de haute couture réactive une tradition de la réparation par des savoir-faire artisanaux et innovants.
L’exposition proposa ainsi un mélange d’émerveillement, de réflexion et d’engagement. En rendant hommage à Kévin Germanier, cette carte blanche participe activement à la construction d’une industrie de la mode plus responsable et met en valeur l’innovation suisse sur la scène internationale, tout en véhiculant un message porteur d’espoir et de changement.
Entre rareté et accessibilité
Depuis le début des années 2000, le paysage de la mode est animé d’une effervescence constante, caractérisée par l’émergence de nouvelles maisons aux côtés de grands groupes établis tels que LVMH ou Kering. Dans cet univers hyperconcurrentiel, où se distinguer tout en restant économiquement viable devient une équation complexe, les marques doivent faire preuve de créativité stratégique pour affirmer leur identité.
Dans le secteur de la Haute Couture — réputé pour ses pièces exclusives aux coûts élevés —, la diversification s’impose comme un levier essentiel. Au cours des années 1980, le marché du luxe avait déjà mis en place de nouvelles pratiques dans le but de ne plus s’adresser uniquement à une classe aisée. Le développement de produits dérivés (accessoires, parfums, cosmétiques) permet alors de rendre un univers singulier plus accessible et d’atteindre un public élargi, avide d’objets porteurs d’un univers donnant l’impression d’appartenir à un groupe exclusif.
Dès sa création en 2018, la maison Germanier a adopté une approche inventive, en adéquation avec l’omniprésence croissante du numérique. Elle privilégie une vente directe, via son site internet, couplée à une communication centrée sur les réseaux sociaux, à l’instar de nombreuses marques indépendantes. Ce modèle digital favorise une relation privilégiée avec sa clientèle tout en maîtrisant son image.
Germanier construit ainsi un équilibre subtil entre rareté et accessibilité. Certaines pièces prennent forme en séries ultra-limitées dans le cadre de collaborations, renforçant ainsi le caractère exclusif de la marque. D’autres collections, pensées à des coûts plus abordables, permettent à une population plus vaste d’accéder à son univers foisonnant. Preuve de sa versatilité, le créateur multiplie les associations avec d’autres marques et les engagements auprès d’événements grand public – les Jeux olympiques de Paris en 2024 ou l’Eurovision en 2025 – lui assurant une visibilité internationale tout en affirmant son univers esthétique et technique.

Immage: Germanier, Prêt-à-porter, Les Venimeuses, SS24, 2024 © Courtesy of Kévin Germanier
Quand la mode devient lien social
Kévin Germanier inscrit son travail dans une logique de réemploi, en puisant dans des stocks dormants et des matériaux déjà produits pour façonner de nouvelles pièces. Les composants utilisés sont souvent originaux et leur transformation, parfois exceptionnelle, résulte de l’action de différentes personnes. Plusieurs des robes, présentées dans l’exposition au mudac ont été réalisées à partir de textiles emblématiques, dont des pièces en tricot confectionnées par des tricoteuses valaisannes, mais aussi par des artisanes et des artisans issus de différents pays.
Cette diversité souligne la richesse des savoir-faire mobilisés, qu’ils soient locaux ou internationaux, et l’attention constante portée à la qualité, à la spécificité technique et à l’histoire propre de chaque partenariat engagé. Au-delà de l’expérimentation formelle et esthétique, la démarche de Germanier s’inscrit dans une dimension sociale. Certaines collaborations sont liées à des initiatives de réinsertion par le travail textile, témoignant de la capacité de la mode à devenir un outil d’intégration et de valorisation des individus. L’atelier, reproduit au mudac, n’est pas le lieu idéalisé et romantisé que l’on associe souvent à la création Haute Couture; il se présente, au contraire, comme un espace d’expérimentation en constante évolution, où la recherche se donne à voir et à toucher.
C’est dans ce cadre que naissent Les Monstrueuses, figures hybrides et audacieuses prolongeant l’exploration de nouvelles formes et expressions. Preuve de cette expérimentation, une chimère textile occupe le centre de l’espace d’exposition. Elle rassemble les matières les plus représentatives du travail du designer: perles excédentaires, paillettes délaissées, fibres recyclées, textiles invendus ou fragments collectés. Cette entité permet aux visiteur·euse·s d’entrer en contact direct avec les textures des collections Germanier, révélant la palette de ressources exploitées et leur potentiel de transformation.
En valorisant des formes de production souvent associées à des contextes industriels ou à des économies extérieures, l’espace déconstruit certains préjugés liés à la fast-fashion et rappelle qu’une fabrication artisanale respectueuse des droits humains peut se déployer au-delà des frontières européennes, à condition de contrôler les circuits de production de chaque élément utilisé.
cp
En savoir plus:
https://mudac.ch/wp-content/uploads/2025/06/KG_DossierPresse_FR-1.pdf
Commissariat:
Marco Costantini, directeur du mudac
Magali Junet, directrice de la Fondation
Toms Pauli
Contact:
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Kommentare von Daniel Leutenegger