Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Genève, exposition jusqu’au 30 août 2026

Image: Angélica Serech dans l’exposition «Dialogos del Maguey», 2024, Guatemala City – Photo: © José Oquendo
Après la résidence participative de Zahra Hakim, lauréate du Prix Art Humanité, le Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge poursuit son exploration du textile et de la co-construction avec une nouvelle exposition dédiée à l’artiste Angélica Serech. «Angélica Serech – Pach’un Q’ijul» présente pour la première fois en Suisse le travail textile de l’artiste, après son passage à la Biennale de Toronto en 2024.
À cette occasion, le Musée dévoilera également la tapisserie collaborative de Zahra Hakim, œuvre réalisée avec le public de mars à août 2025. Une programmation qui célèbre le textile comme un langage de partage, de création collective et de transmission, en écho aux valeurs de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
Première rétrospective monographique de l’artiste en Europe
L’exposition présente une vingtaine d’œuvres d’Angélica Serech, dont 16 nouvelles productions conçues en 2025 pour l’exposition. Curieuse et intuitive, Serech s’engage dans une recherche expérimentale qui l’amène à redéfinir les limites de la tradition textile du Guatemala. Elle construit ainsi ses propres gigantesques métiers à tisser pour entrelacer les techniques ancestrales avec sa propre histoire.
Hommage aux traditions autochtones
L’artiste revisite les traditions textiles issues des différentes communautés indigènes encore présentes au Guatemala. Inspirées des costumes traditionnels mayas de San Juan Comalapa, ses œuvres rendent hommage au patrimoine maya kaqchikel. Elles témoignent de ses racines et de l’histoire des populations autochtones en Amérique centrale.

Image: Hacerse invisible, Angélica Serech. Coton, fil et branche naturelle, 147 x 78 cm, 2023. La Galería Rebelde – Photo: © José Oquendo
L’art du tissage en écho au principe humanitaire du care
En lien avec le mouvement humanitaire de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, l’exposition explore la dimension thérapeutique des arts manuels. Travail de résistance et de résilience, le tissage offre aux individus, en particulier aux prisonnier·ère·s de guerre, un moyen d’expression et de guérison.
Des photographies, affiches et objets de la collection du Musée dialogueront avec les œuvres d’Angélica Serech et reviendront sur l’histoire de la guerre civile au Guatemala.
Un projet culturel participatif ouvert à tous·tes
Dans une démarche d’engagement social et de «co-construction», thème annuel 2025 du Musée, une œuvre initiée par l’artiste sera mise à la disposition du public, l’invitant à prolonger la création de manière collaborative tout au long de l’exposition. La Croix-Rouge genevoise pourra également organiser des ateliers dans un espace dédié, tandis qu’un autre espace sera réservé à la pratique libre du tricot, accessible à tous·tes.

Image: Caligrafía activa, Angélica Serech, Coton, poil et branche naturelle, 57 x 57 cm, 2023, La Galería Rebelde
Angélica Serech
Angélica Serech est née en 1982 à San Juan Comalapa, en plein cœur de la guerre civile, l’un des conflits les plus violents et tragiques de l’histoire contemporaine de l’Amérique latine.
Durant la dictature du général Efraín Ríos Montt, les années 1980 furent marquées par des massacres de grande ampleur, causant la mort d’environ 200’000 personnes, principalement issues des communautés indigènes. Les premières années d’Angélica Serech sont indissociables de ce génocide guatémaltèque. C’est au sein de sa famille, auprès de sa mère et de sa grand-mère, qu’elle apprend l’art du tissage, un savoir-faire ancestral qu’elles préservent non seulement comme un moyen de résistance, mais aussi comme un acte de survie face à la violence omniprésente.
Très vite, l’artiste développe une technique unique, repoussant les limites du tissage traditionnel. Elle s’éloigne des conventions en utilisant des matériaux naturels tels que la peau de maïs et les branches d’arbres, qu’elle transforme avec une créativité sans pareil, cherchant à donner naissance à une nouvelle esthétique, à la fois résiliente et profondément enracinée dans son histoire culturelle.
Reconnue à travers le monde, Angélica Serech a exposé lors des éditions de la vente aux enchères JUANNIO (2020, 2021 et 2022), à la 22ème Biennale d’Art Paiz (2021) au Guatemala, et dans des expositions collectives à la Galería Extra (2021), à La Galería Rebelde (2022), La Collective à Paris (2023), à la 14ème Biennale de Gwangju (Corée du Sud, 2023) et à la 15ème Biennale de Toronto (2024).
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Kommentare von Daniel Leutenegger