Exposition Médiathèque Valais – Martigny, jusqu’au 29 août 2026

Image: Undri Eischollalp, Eischoll (VS) – Photo: © Romano P. Riedo
C’est en Valais, alors qu’il est en vacances à Zeneggen chez sa marraine, que Romano Riedo attrape «le virus de la montagne». Il le fortifie en passant un été comme garde-génisses sur un alpage singinois.
Au début des années 1990, Romano Riedo est un photographe reconnu et apprécié des journaux et des magazines. Après la réussite de son livre, «Rêve de glace. Le HC Gottéron: un club et son public», le photographe se lance un grand défi: documenter la vie dans les alpages suisses. Au fil des années, il parcourt les cantons dits primitifs, Uri en particulier, Glaris, Appenzell, les Grisons, Fribourg, le Tessin, le Valais… Il travaille généralement avec un appareil moyen format et un objectif qui lui permet de fixer non seulement des personnages, mais aussi leur environnement de travail.

Image: Heuloch in Elm (GL) – Photo: © Romano P. Riedo
C’est donc une longue histoire entre Romano Riedo et cet univers alpestre à la fois proche et lointain. Une relation qui dure plus de trente-cinq ans. «Depuis ma première série dans les années 1990, dit-il, je n’ai jamais arrêté d’aller à l’alpage retrouver les gens que j’ai photographiés et dont beaucoup sont devenus des amis».
Dans ses reportages, on voit des hommes, des familles, des enfants, qui vivent dans des conditions souvent difficiles, parfois précaires. Cependant, les personnes apparaissent fières de leur relative liberté, de leur indépendance.
Le regard de Romano Riedo est objectif, mais pas neutre. Il se passe quelque chose d’indéfinissable avec ses sujets: une attention réciproque, une forme de complicité, une fraternité. Pas de nostalgie, mais un constat lucide de la vie dans ces vastes contrées où l’homme arrache à la nature sa maigre pitance. Le photographe capte des éléments qui montrent que les personnes saisies sont bien de notre temps.
Une économie menacée
L’économie alpestre vit à ce moment-là une période difficile. Les changements rapides des modes de vie, la mécanisation, la concurrence internationale, mettent en péril les anciennes manières de gérer les alpages.
En 1996, le Groupement suisse des régions de montagne, présidé alors par Raymond Deferr, conseiller d’État valaisan, lance un cri d’alarme et demande que les régions périphériques soient intégralement desservies par la poste et les télécommunications. Signal fort: l’assemblée des délégués accorde un prix au travail de Romano Riedo pour avoir exploré en profondeur l’économie alpestre et le quotidien de ses agriculteurs. Une reconnaissance confirmée en 2014 par l’attribution d’un Swiss Press Photo dans la catégorie reportage à l’œuvre du photographe sur le monde des bergers.
Il y a plusieurs manières de lire les images de Romano Riedo, souligne le journal La Gruyère: «La réalité crue de l’alpage. Un tour d’horizon ethnographique. Une approche affective. Des touches esthétiques, avec un zeste de romantisme. À l’évidence, ces gens proches du ciel et affrontés à la terre, il les a aimés». Le photographe confirme: «Je suis un photographe du grand angle qui se rapproche. J’aime aller près des gens. Je pense que mes photos ont quelque chose d’intime. C’est un peu comme un album de famille».
Estivages, c’est aussi et avant tout un hommage au travail des paysans de montagne, une tradition qui est désormais inscrite au patrimoine immatériel de l’humanité.
Jean-Henry Papilloud
Contact:
https://www.mediatheque.ch/fr/agenda-34.html?event_id=43211&idmediatheque=2
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Photo: © Romano P. Riedo
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Kommentare von Daniel Leutenegger